Mongolie Partie 2 – Sur la route du désert

« En vingt-quatre kilomètres, vous venez de comprendre qu’il y a deux Mongolie […]. Passé les guichets de l’aéroport, c’est tout de suite la steppe. Un cavalier surgit à la hauteur de la voiture, au galop, debout sur ses étriers. Les pans de son vêtement flottent dans le vent. Il bifurque à angle droit et pique des fers vers l’horizon où il rapetisse à grande vitesse dans un nuage de poussière. Alors, c’est vraiment ainsi ? Le mythe incarné… »

Patrick Bard

Il est six heures du matin. Je me lève une dernière fois à Oulan Bator. Déterminé, je remballe mon sac et d’un pas pressé je rejoins le point de rendez-vous fixé par le Golden Gobi. Il est 6h30, je découvre avec un large sourire le Van russe qui me trimbalera pendant les 10 prochains jours à travers le sud mongol. Ces Vans, je les connais déjà pour les avoir vu foncer dans les pistes bouriates près du Baïkal. Amas d’acier incassable au moteur d’une simplicité presque enfantine, rapide, solide et dont les pièces se trouvent partout dans les anciennes républiques socialistes et pays sous influence. Un camion fiable donc. Il ne fera jamais faux bond, ou presque. Je découvre également mes camarades de route, une bonne équipe hispano-américaine qui sera d’une très bonne compagnie (ce n’est pas toujours le cas malheureusement d’après certains échos dont j’ai eu vent).

Le Van, pur produit de l'URSS

Le Van, pur produit de l’URSS

7h00, le camion est chargé en vivres (principalement pâtes, légumes, pain, eau et thé), en matériel (tentes, duvets, cuisinière de transport etc) et en humains (6 voyageurs, le guide Sana et le pilote Oorsk) ! La petite caravane s’ébranle et en moins d’une demie heure, nous voilà sur les premières pistes !

Les routes sont raides mais cela est assez amusant, nous cheminons ainsi à travers la steppe au rythme de la musique mongole distillée par notre surprenant conducteur ! Deux heures plus tard nous atteignons notre premier objectif, Tsagan Suvarga, une des montagnes sacrées de Mongolie. Je grimpe rapidement jusqu’à ce beau point de vue sur les steppes environnantes, les troupeaux de chevaux, de chèvres et autres yaks venant se rafraîchir près du petit lac en contrebas.

Depuis Tsagan Tsurvaga

Depuis Tsagan Tsurvaga

Nous mangeons pour la première fois sur la piste et reprenons notre route vers une zone de formation rocheuse remarquable, le soleil commence à descendre et les lumières virent à l’ocre tandis que les nuages se chargent d’un violet sombre ! Le soleil disparaît quand nous atteignons notre premier camp de yourtes, c’est là que nous dormirons cette nuit après avoir mangé avec la famille !

Milles feux sur la steppe !

Milles feux sur la steppe !

Ce soir là, nous apprenons qu’un Nadaam doit se tenir dans une petite ville pas très loin. Les Nadaam sont ces évènements traditionnels et sportifs (il en existe de toutes les tailles de l’évènement national à la fête municipale) qui se produisent à différents moments à travers les villes et les villages mongols. Nous décidons de mettre le cap sur ce festival dès le lendemain, bousculant un peu le programme au cordeau de notre guest house.

Au deuxième jour, nous voilà dans un village dont j’ai oublié le nom. Un large espace a été aménagé au centre, des tonelles montées et tout un petit monde s’affaire en préparatifs de tout genre avant le début des hostilités ! On attend d’abord les lutteurs ! Les mongols ont une renommée mondiale dans ce sport que l’on pratique très sérieusement et à quasiment tous les âges. Ils se préparent, on sangle les bottes de cuir, on revêt chapeaux et gilets traditionnels, on s’enduit, on écoute l’entraîneur, on brocarde d’un regard ses futurs adversaires et on boit… oui, on boit du lait de jument fermentée mais je dois vous avouer que ça n’a pas été une révélation pour moi. Un goût très puissant de lait caillé vous voyez ? Et bien maintenant, imaginez ça en 10 fois plus acide. Bref, l’apéro ce sera pour une autre fois !

Lutteur en préparation

Lutteur en préparation

Après une heure d’attente, ils entrent en scène. Enfin pas avant d’avoir exécuté la danse rituelle en l’honneur de la Terre, de l’entraîneur et des adversaires. La main posée sur la tête du coach, ils tournent autour de celui-ci en agitant l’autre bras comme une aile, à la façon des aigles. Une fois terminée ils se rassemblent tous et courent toujours en agitant les ailes vers les doyens assis sous le drapeau mongol. On peut commencer. Pas de ring ici, pas de round non plus ni de catégorie de poids, on se bat tous ensemble ce qui rend le spectacle un peu compliqué à suivre pour le profane. La joute se fait tout en lenteur et en technique jusqu’à ce qu’un des deux lutteurs touche le sol ! Un spectacle auquel on se prend assez vite malgré la complexité des règles.

Au combat !

Au combat !

Cela dure une heure et à l’issue des combats, nous voyons toute l’assemblée s’agiter, rejoindre motos et chevaux… Que se passe t-il ? Ce sont les enfants qui seront à l’honneur d’ici peu car la grande course de chevaux (apothéose du Nadaam) est en passe de rejoindre la ligne d’arrivée après plus de 50 km à travers la steppe ! Ni une ni deux, nous grimpons dans notre Van afin de suivre cela en direct ! Déjà, des centaines de personnes sont attroupées près de l’arrivée, les caméras et les portables sont tous allumés, même la presse locale est de la partie ! Un épais nuage de poussière s’élève au loin, peu à peu un son sourd de cavalcade se fait entendre. Dans l’épaisse chaleur de la steppe, des formes encore indistinctes se profilent, se rapprochent. Des cris parviennent, ils ne sont plus très loin ! Et c’est l’assaut final ! A coup de cravaches, des petits bonhommes qui n’ont pas 8 ans pour la plupart mènent les chevaux à bout de souffle sous les acclamations d’une foule joyeuse et rigolarde ! L’un d’eux se détache, franchit la ligne, héros d’un jour ! D’autres sont beaucoup plus malchanceux. Exténués ils sont tombés en chemin et c’est leurs chevaux, sans cavalier, qui passent la ligne d’arrivée ! Un moment euphorisant pour sûr !

Un vainqueur à bout de force !

Un vainqueur à bout de force !

La journée se termine ainsi pour les lutteurs, les cavaliers et pour nous qui reprenons notre route afin de trouver un lieu pour établir le campement. Nous en dénichons un pas loin de Bayan-Önjüül (dernier village de la piste avant le Gobi), un endroit au calme, d’un plat parfait qui s’étend jusqu’à perte de vue ! Mais c’est en finissant de planter nos tentes que nous nous rendons compte que le temps a changé. Mais alors vraiment. D’un bleu parfait, nous voilà entourés par quatre ou cinq orages. Le vent se lève. Nous pouvons clairement distinguer les fronts nuageux tourner autour de nous tandis que de fabuleux éclairs strient le ciel sans un bruit… pour le moment. Car une heure après, ce qui devait arriver arriva. Regroupés en un seul orage, la tempête nous tombe dessus en furie !!

"winter is coming"

« winter is coming »

Je rappelle que nous sommes en pleine steppe sans aucun renfoncement ni abris, rien. Le vent fait plier les tentes au point de rupture quand la pluie puis la grêle viennent s’en mêler. Ca devient critique. Mais fort d’un superbe apéro à la vodka mongole, c’est le moment que choisit mon compagnon américain pour proposer, je cite, « d’aller prendre une douche » (celles-ci étant plutôt rares voire inexistantes dans le désert) ! Qu’à cela ne tienne, nous voilà sous la tourmente à essayer d’hurler plus fort que la nature. Peine perdue. Nous devrons déplacer le Van de travers pour protéger les tentes et passer, vaille que vaille, une bonne nuit ! Le lendemain matin, le grand bleu est revenu.

La piste s’étire maintenant vers des contrées plus sèches, l’herbe se raréfie, la température augmente, la poussière se soulève à notre passage, le Gobi ouvre ses portes.

A suivre…

Publicités
Publié dans Carnet de Route | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 5 commentaires

Faire son visa mongol en Russie – (Consulat d’Irkoutsk)

[ATTENTION: INFORMATIONS VALABLES EN JUILLET 2013]

 Si faire son visa russe est une galère incommensurable (voir mon article sur le sujet dans la section « coup de gueule » du blog), obtenir celui permettant d’entrer en Mongolie depuis la Russie est d’une simplicité déconcertante. Il est possible de faire ce visa dans les consulats de Moscou ou d’Irkoutsk. J’ai pour ma part décidé de la faire dans cette dernière ville pour une raison assez simple, la durée de délivrance y est moins longue puisqu’il y a aussi beaucoup moins de monde. Pour faire simple, de quoi avez vous besoin ?

  • Votre passeport en cours de validité
  • Une photo d’identité format classique
  • Le formulaire de demande fournit sur place à remplir en anglais
  • 1700 roubles pour vous acquitter des frais consulaires

Et ? Et bien c’est tout. Pas de papiers d’assurance, pas d’invitations ou de vouchers, pas de relevés bancaires etc… Le consulat de Mongolie à Irkoutsk se situe près du centre ville sur Lapina 11 et est ouvert les Lundi, Mardi, Jeudi et Vendredi. Vous devrez venir normalement deux fois. Une fois pour déposer votre passeport (entre 9h et 13h) et une seconde, deux jours plus tard, pour le récupérer (entre 15h et 19h).

Le très kitsch consulat de Mongolie à Irkoutsk

Le très kitsch consulat de Mongolie à Irkoutsk

Si vous êtes chanceux comme moi et qu’il n’y a vraiment personne vous pourrez carrément le récupérer le même jour sans payer de suppléments, les agents du consulat à Irkoutsk étant plutôt arrangeants et parlant un anglais impeccable.

Visa mongol vite fait bien fait !

Visa mongol vite fait bien fait !

Pas de coup de gueule cette fois-ci donc mais prenez patience, bientôt je vous explique tout pour avoir son visa chinois en Mongolie. Et là, croyez-moi, c’est une autre paire de manches !

Publié dans Brèves & Conseils | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 commentaires

Mongolie Partie 1 – Voir Oulan Bator et s’enfuir…

« A quoi rime l’empressement sur la steppe ? Quand le ciel créa le temps, il en créa suffisamment, assure le dicton. La première leçon à retenir des Mongols (car il faut apprendre d’eux comme eux apprennent de la steppe) est de prendre le temps ou plutôt d’apprendre leur temps »

Marc Alaux

Ulan Ude, capitale de la Bouriatie, 5h40 du matin, un bus, une destination. Les steppes mongoles, bien qu’encore invisibles, se font de plus en plus pressantes dans mon esprit. Dans cette ultime ville russe, le bus se remplit rapidement d’un flot de mongols en partance. La langue change, définitivement incompréhensible et sonore. Je n’ai pas de billets ni de réservation, je dois attendre que la chance m’offre une des dernières places de l’unique bus de la journée en direction d’Oulan Bator. Une heure plus tard, c’était moins une, j’obtenais au forcing le dernier siège pour un peu plus d’un millier de roubles. Le bus s’ébranlait enfin, au revoir « Mère Russie » bonjour « Pays du Ciel Bleu ».

A Ulan Ude, la plus grosse tête de Lénine du monde a le regard vide. La Mongolie fut un échec soviétique.

A Ulan Ude, la plus grosse tête de Lénine du monde a le regard vide. La Mongolie fut un échec soviétique.

Quelques formalités douanières vite réglées et s’ouvre ainsi ce chapitre mongol. Les premières yourtes égrainées sur une steppe verdoyante et infinie. Quelques cavaliers esseulés et des mini vans japonais, des motos chinoises sur une seule et unique route pour un ballet de klaxons effrénés vers la capitale.

Il faut compter une douzaine d’heures douanes comprises pour rallier Oulan Bator, de quoi laisser le temps de discuter avec vos voisins. Pour ma part, je rencontrais deux voyageurs aux histoires un peu atypiques. Tout d’abord Omar, un DJ italien faisant des allers retours permanents pour promouvoir ses shows moyennant finance entre Irkoutsk et Oulan Bator et connaissant très bien cette ville. Ensuite, hasard monstrueux de cette petite planète, je tombais sur Conor, un irlandais rencontré il y a de ça six ans à Galway sur SON île, en route pour un road trip asiatique de quelques mois !!! Retrouvailles improbables sur un resto-route de Mongolie autour de notre premier plat typiquement mongol: la soupe de tripes de moutons et de pâtes (et croyez moi, c’était le début d’une très longue série).

Omar et Conor, deux voyageurs des routes mongoles.

Omar et Conor, deux voyageurs des routes mongoles.

Le trajet suit son cours et l’atmosphère change d’un coup. Les yourtes se font plus rapprochées, des bâtisses de béton font leur apparition, des prés carrés montés à la brique ou au grillage se dressent sur des terrains vagues, le ciel se teinte d’un gris lourd et un embouteillage monstre vous annonce votre arrivée. Bienvenue à Oulan Bator, ville principale du pays, ville fermée sans horizon, véritable cocon intoxiqué de pollution, aimant d’un faux Eldorado capitaliste pour l’exode rural de tout un peuple qui s’entasse à ses portes dans un rêve d’une vie meilleure aussi peu probable que destructeur.

Constructions, pollution et poussière.

Constructions, pollution et poussière.

Le bus avance à travers des constructions chaotiques aux façades charbonnées, des love-hotels sordides et des amas de yourtes noircies par les fumées d’échappement, bidonvilles de fortune encrassés dans la misère. Sorti du bus, j’atterissais sur la fameuse Peace Avenue. Pourquoi fameuse ? C’est souvent le nom qui revient quand les gens évoquent Oulan Bator. C’est le nerf central, véritable artère fémorale de la ville, c’est là que s’enchaînent comme sur une brochette magasins d’état (« department stores »), restaurants, bars, karaokés, petits commerces, agences de voyage et « guest houses » fournisseuses de « tours » en tout genre.

Peace Avenue, centre économique et politique du pays.

Peace Avenue, centre économique et politique du pays.

J’errais ici pendant cinq jours, entre recherche de fuite, empilement de documents consulaires pour le visa chinois et, je dois l’avouer, un peu de dépit. Les prix arborés par les auberges et autres agences ayant ce pouvoir radical de vous refroidir instantanément en vous faisant comprendre que voyager par soi-même en Mongolie est de l’ordre du très compliqué. Pour le stop je n’en parle même pas puisque de toute façon on vous demandera de l’argent dans 100% des cas. Un séjour long donc, une bonne douzaine de jours au total, un séjour sclérosant et fatiguant d’autant que sortir de cette ville n’est pas une mince affaire quand on débarque sans information.

Au fil de mes vagabondages urbains, j’atterrissais dans une auberge où je fis la connaissance de John, Thomas et Antoine, des français en tour du monde qui avaient dans l’idée de partir quelques jours dans le parc national de Hustay Nuruu à une centaine de kilomètres à l’ouest d’Oulan Bator. Une idée plus que bienvenue pour aller prendre l’air loin de cette ville qui me devenait de plus en plus insupportable. Au programme, camping sauvage et randonnée à la recherche des fameux derniers chevaux sauvages dont on n’a, malheureusement, jamais vu la crinière ! Ou peut être que si mais personne n’était là pour nous le confirmer…

Camping sauvage dans la parc de Hustay Nuruu.

Camping sauvage dans la parc de Hustay Nuruu.

Après ces quelques jours en guise de bol d’air, j’étais de retour à Oulan Bator pour récupérer le sésame nécessaire pour entrer en Chine et je me mettais sérieusement en quête d’un moyen pour enfin voir le reste de ce pays fabuleux ! J’allais donc chaque jour de « guest house » en « guest house » afin de négocier les tarifs d’un circuit sans me faire dépouiller de mon précieux petit budget ! La solution viendra finalement de l’auberge Golden Gobi, véritable usine à « backpackers », de loin la plus fréquentée de toute la ville , pourvoyeuse de tours démarrant quasiment tous les jours et proposant par conséquent les meilleurs prix (ceux-ci étant dégressifs selon le nombre de participants. Plus vous êtes nombreux, moins vous payez). Vous trouverez ici une gamme assez large de propositions allant du tour à la journée au méga-trip de 30 jours !

La Golden Gobi GH.

La Golden Gobi GH.

En revanche,  je ne passerais pas sur l’hypocrisie certaine de la taulière des lieux, une certaine Oggy, dont le sourire et la bonne humeur de façade s’allongeaient à mesure que s’entassait la liasse de Benjamin Franklin empilée sur son bureau. Je sais que d’autres n’ont pas eu ce même ressenti face à ce personnage assez connu des voyageurs étant passés par les services de cette auberge. C’est le mien, ça vaut ce que ça vaut.

Finalement, après trois jours de négociations et dans l’attente de la constitution d’un groupe, j’obtenais enfin ce que je voulais. Un tour de douze jours de l’ouest au sud avec un long séjour dans le désert de Gobi. Difficile tout de même de lâcher les 450$ demandés sans un petit haut le cœur mais la suite me prouva qu’ils les valaient allègrement…

Le lendemain, au petit matin, j’embarquais à bord d’un van Gorkovski russe avec quatre autres voyageurs, direction la Mongolie… la vraie cette fois. A suivre…

Publié dans Carnet de Route | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

4 jours de trek sur le Lac Baïkal

« Le Baïkal à mes yeux pris des allures d’océan. Les caps se multipliaient tandis qu’autour de moi les eaux bleu roi étiraient vers le nord une longue courbe bordée d’une chaîne de montagnes fantomatiques. Vues d’ici, toutes les couleurs semblaient s’être épurées pour virer à ce bleu qui submergeait tout. »

Colin Thubron

Arrivé à Irkoutsk, j’étais frétillant, bouillonant, je ne tenais pas en place. Malgré tout ce que cette ville pouvait avoir à offrir, mon esprit n’était focalisé que sur Elle, que sur Lui ! « La Perle de Sibérie », « La Mer », Le Lac Baïkal, peu importe le nombre incroyable de noms et de superlatifs qu’on lui attribue, c’était mon objectif depuis mon entrée en Russie. C’était même plus que ça à vrai dire. Depuis des années mes yeux bloquaient dans les pages de mon atlas sur cet endroit, j’avais farfouiller dans les internets et même passé des heures à regarder les rediffusions de documentaires sur France 5 en rentrant d’une quelconque soirée sans intérêt. Il revenait de temps à autre dans des récits de romans, à toutes les époques, sous tous les prétextes. J’avais aussi tous ces retours de voyageurs revenus émerveillés après avoir poser leurs sacs près de ses eaux gelées ou brûlantes de soleil ! Bref, vous l’aurez compris, j’attendais beaucoup de cet endroit que j’avais largement idéalisé. Avais-je tort ? Loin de là.

Malgré tout, je devais rester à Irkoutsk afin d’acquérir mon visa mongol (une formalité soit dit en passant) ! Quelques jours. Quelques jours c’était déjà trop et je décidais en guise de préambule de me rendre à Listvianka. En stop ! Et oui, après tout ce trajet en train, mon pouce était un peu rouillé et c’était l’occasion parfaite de retourner enfin sur la route. Quelques heures plus tard, très facilement, j’abordais pour la première fois les eaux du Baïkal.

Premiers pas au Baïkal

Premiers pas au Baïkal

Une atmosphère froide, brumeuse, des odeurs de poisson fumé et un léger clapotis sur une immensité d’eau impassible et infinie ! J’allais manger près du marché local cette spécialité du lac qu’est l’Omoul, cousin du saumon à la chair tendre et délicieuse !

L'omoul, ressource principale du lac

L’omoul, ressource principale du lac

Beauté, moment suspendu, c’est sans réfléchir que je remontais la côte pendant deux jours, marchant et flânant le long de longues falaises abruptes avant de revenir sur Irkoutsk !

En suivant les rives

En suivant les rives

J’avais largement entendu parler de la presqu’île d’Olkhon, ventée par toutes les auberges et tous les guides du monde. J’étais méfiant. Avais-je fait tout ce chemin pour aller sur une petite île où se concentre la masse des backpackers ralliant Moscou à Pékin en train durant les grandes vacances ? Et puis je n’avais pas de tente ! Rester à Khoujir (le village principal d’Olkhon) dans l’une des 3 usines guest-houses, faire les 3 mêmes photos et repartir ? Décidément je n’étais pas emballé. J’aurais voulu remonter plus au nord avec la ligne Baïkal-Amour pour aller me perdre du côté de Severobaïkalsk mais le temps me manquait et ce maudit visa russe n’est ni négociable ni extensible.

Mais le hasard fait bien les choses et ce soir là je rencontrais Nadejda, une russe connaissant très bien la région. Après avoir longuement discuté elle finira de me convaincre de me rendre à Olkhon et me trouvera même une tente empruntée à l’un de ses ami !! J’étais donc paré. Le plan ? Me rendre sur l’île et partir en autonomie pendant quelques jours en marchant plein nord, direction le Cap Khoboï. En autonomie cela signifie la tente et de la nourriture. Pour l’eau, malgré ce qu’on peut lire de très alarmant (et à raisons !) sur le Baïkal, sachez qu’il est tout à fait possible de boire son eau à condition de la filtrer à la Micropur (cachets purificateurs d’eau) ou au moins de la bouillir convenablement.

L'eau bien bouillie devient potable !

L’eau bien bouillie devient potable !

J’ai rejoint Olkhon avec un bus au départ d’irkoutsk (très facile à trouver, la station de bus se situe au nord de la ville. Toutes les auberges proposent également ce service moyennant un surplus) pour un trajet de 8h. La première partie de la route est assez facile et l’on aperçoit les premiers signes de culture mongole au détour de quelques Uvoos (poteaux garnis de drapeaux de prières ou amas de pierres sacrés).

Les Uvoos près de Khoujir

Les Uvoos près de Khoujir

Il faut rappeler que la Sibérie laisse place ici à la Bouriatie. Les Bouriates sont un peuple ancestral de cette partie de l’Asie et sont aujourd’hui disséminés de la Sibérie au nord de la Mongolie par le jeu des frontières modernes.

A la fin de la route on arrive sur les rives du lac. Si le passage vers l’île est possible en hiver, il vous faudra prendre un bac durant le court hiver sibérien voire un hydroglisseur en automne et au début du printemps.

Le bac pour Olkhon

Le bac pour Olkhon

Une dizaine de minutes plus tard, on accoste sur Olkhon et la route se transforme alors en piste, une piste sur lequel mon petit bus japonais n’a pas résisté bien longtemps. Première crevaison durant laquelle les increvables van AOS soviétiques filant à toute allure semblaient nous toiser !

Une roue en moins, UNE !

Une roue en moins, UNE !

Bref, trois crevaisons plus tard j’atteignais enfin Khujir et passait la nuit dans la guest house « Nikita », sympathique mais, comme prévu, bondée de touristes ! Je me réfugiais près du lac et contemplait mon premier coucher de soleil sur le Baïkal. Instants magiques où le lac se mesure à l’éternité, une ronde érotique se met en place entre les nuages et les montagnes, le feu du soleil vient mourir dans les eaux froides et profondes de cette véritable mer d’eau douce et les étoiles viennent peu à peu pointiller sa surface.

Coucher de soleil sur la Perle

Coucher de soleil sur la Perle

Le lendemain matin, j’attaquais ma première journée de marche ! Sachez qu’il est normalement obligatoire de vous acquitter d’un droit d’entrée ainsi que d’un droit de camping. En réalité, je n’ai jamais croisé le moindre garde et même plus loin, à l’entrée de la réserve, rien ne m’a été demandé. Le sentier est assez facile, le balisage inutile puisqu’en suivant le lac vous ne pouvez pas vraiment vous perdre ! Cependant, les lieux sont arides et calcinés par le soleil, ça tape dur et le temps peut changer à tout moment. Sur cette première journée j’ai du monter ma tente en catastrophe sous un orage faute d’un quelconque abri !!

Durant les jours suivants, la végétation fait son apparition mais vous aurez à composer avec la marche dans le sable jamais très agréable ! Au terme de cette journée, j’allais récupérer mon eau dans le lac et installait mon bivouac. Le camping sauvage est donc totalement permis ainsi que le feu ! Bien pratique, j’en profitais pour improviser un barbecue avec comme toile de fond une anse abandonnée des touristes (c’est toujours le cas dès qu’on dépasse la barrière fatidique des 10km de marche !!).

Bivouac au bord de l'eau

Bivouac au bord de l’eau

Le Lac pour moi tout seul, des moments parfaits pour écrire, dessiner et… se laver ! Et là autant vous dire que c’était la douche la plus rapide de ma vie car l’eau du Baïkal, en dépit des grosses chaleurs, reste extrêmement froide du fait des courants profonds qui le traverse. Et profond pour sûr il l’est ! parlons rapidement des proportions très russe de ce lac à part. Il est en mouvement constant, placé sur une ligne de faille qui l’abaisse chaque année. Avec ses 1600m de fond c’est le lac le plus profond du monde sans aucuns prétendants sérieux ! C’est aussi le plus long avec plus de 640km de longueur ! Il contient un cinquième de l’ensemble de l’eau douce de la planète soit l’équivalent de la Mer Baltique ! Si toutes les rivières de la Terre réunies se jetaient dedans, il faudrait plus d’un an pour le remplir ! Enfin, c’est le plus ancien lac de la planète et il abrite 1200 éspèces endémiques comme le Golianka (un poisson des abysses translucides) ou bien évidemment le Nerpa, le phoque mascotte observable en certains points de l’île !

En route pour le Cap Khaboï

En route pour le Cap Khaboï

Je ne vous ferais pas le récit jour par jour de ce petit trek improvisé, mais sachez qu’il vaut le coup ne serait-ce que pour ces doux moments de solitude en pleine nature ! L’allez retour fais grosso modo 70km (aucunes certitudes là dessus) et il m’aura fallu deux jours pour atteindre le cap et autant pour revenir ! Cette étape était ma dernière en Russie et le moins qu’on puisse dire c’est que j’en ai pris pleins les yeux !

De retour à Irkoutsk, j’ai repris le transsibérien sur son ultime tronçon jusqu’à Ulan Ude. Ici m’attendait un bus… un bus en direction de la Mongolie ! A suivre…

 PS: pour celles et ceux qui voudraient faire ce trek en plein hiver (et dieu sait que si je retourne en sibérie ce sera à cette saison) je vous recommande l’excellent article de l’ami Manu (pas moi un autre) à l’adresse suivante ! http://www.journauxdevoyages.com/russie-randonnee-itinerante-en-boucle-entre-khuzir-et-le-sud-de-lile-dolkhone

Publié dans Carnet de Route | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 commentaires

Km 12 422 – L’aventure Transsibérienne

« Vers le soir, le vent tombe et nous entrons dans un vide doré. Je me dis : voilà la Sibérie originelle – insaisissable, infinie -, celle qui s’attarda au fond des yeux des premiers voyageurs, tel un inconscient géographique. Son apparente vacuité était une page blanche. Mon voyage va courir après cette étendue qui couvre sept fuseaux horaires et un tiers de l’hémisphère Nord »

Colin Thubron

Vraiment pas au mieux de ma forme en Ukraine, je rejoignais Moscou avec un train de nuit, excellent préambule à ce qui allait m’attendre quelques jours plus tard. Vous l’aurez compris, traverser la Russie en stop compte tenu des contingences de visa s’avère être très compliqué. 30 jours pour abattre plus de 5000 km ça peut se faire à condition de ne se focaliser que sur ça et de ne jamais s’arrêter. J’aime le stop pour sa lenteur, je ne fais pas des performances. Et puis entre nous, rater l’expérience transsibérienne aurait été une grosse erreur. J’arrivais donc en gare de Koursk dans le proche centre de Moscou. Après avoir fait traduit mes demandes pour les billets, je me rendais à la station de métro Komsomolskaya et achetais sept tickets différents.

Gare de Iaroslavl, porte d'entrée du transsibérien !

Gare de Iaroslavl, porte d’entrée du transsibérien !

Il est bien sûr possible de rallier la Sibérie en un seul tronçon de 90h environ mais je voulais m’arrêter en chemin. Mes escales ? Niznhy Novgorod, Ekaterinbourg, Omsk, Krasnoïarsk, Novossibirsk, Irkoutsk puis Ulan-Ude ! Je passais en moyenne deux jours dans chacune de ces villes sauf à Irkoutsk pour cause de demande de visa. Pour ce qui est du prix, je m’en suis assez bien tiré étant donné que nous étions au début de la haute saison. L’ensemble des billets me sera revenu à 9000 roubles soit un peu plus de 200 euros.

7 billets pour rallier la Sibérie !

7 billets pour rallier la Sibérie !

J’embarquais dès le lendemain pour ma première étape direction Niznhy Novgorod. Un tronçon de cinq heures, trop peu pour me familiariser avec les codes de ce train légendaire. Deux jours plus tard, j’étais en route pour trente heures vers Ekaterinbourg. Entassé dans la Platzkart (la troisième classe et la seule que j’ai testé d’ailleurs) avec deux babushkas, j’apprenais à me servir du Samovar, cette machine à eau chaude en libre service, véritable coeur du transsibérien, qui vous permet de préparer thés et pâtes à volonté.

Repas classique, noodles, oeuf durs, cornichons et thé !

Repas classique, noodles, oeuf durs, cornichons et thé !

En troisième, vous êtes entre 5 et 6 par compartiment (1m² par personne en gros), 4 face à face en couchettes superposées, 2 dans le couloir. Il n’y a qu’une petite table alors il faut s’organiser, vite briser la glace et partager vos maigres victuailles avec vos compagnons de rails ! Tout ceci est important car la promiscuité est telle que le chacun pour soi n’est pas envisageable. D’ailleurs, cela ne fait pas parti de la mentalité russe. S’ils paraissent froids et distants au premier abord, une fois le contact établi vous allez prendre trois kilos à chaque repas ! L’hospitalité russe a horreur du vide et ne saurait tolérer un refus ! d’ailleurs messieurs, sachez que quand on est un mâle viril, on mange au moins autant qu’on boit ce qui en russe veut dire beaucoup, VRAIMENT beaucoup !

Alex ! rencontré dans le train, il m'a hébergé chez lui spontanément !

Alex ! rencontré dans le train, il m’a hébergé chez lui spontanément !

Vous ferez également connaissance dans votre wagon avec la Provodnitsa (la contôleuse), capitaine du vaisseau, c’est Dieu le Père dans les différentes voitures du train et au moindre écart vous sentirez le vent de son courroux ! Un courroux dont seuls les fonctionnaires russes ont le secret ! J’ai vu un homme à l’haleine plus qu’éthylique se faire sèchement rabrouer par l’employée des chemins de fer d’une voix de cantatrice, ses gigantesques mamelles dressés comme des canons et le rictus d’une oursonne après six mois de jeûne ! Faites comme lui en ayant une grande gueule et c’est la police qui vous débarquera manu militari au beau milieu de la taïga !

La Provodnitsa !

La Provodnitsa !

C’est donc dans cette ambiance bien particulière mais très attachante que j’ai parcouru les quelques 6000 km séparant la frontière ukrainienne du Lac Baïkal. Soyons clairs en revanche. Le transsibérien vaut pour son atmosphère unique et les rencontres que vous pourrez y faire, pour ce qui est des paysages on repassera, à moins d’avoir la capacité de s’extasier sur des milliers de kilomètres d’un tableau uniquement composé de forêts de bouleaux et de mélèzes ! Dans son livre « En Sibérie », Colin Thubron résume assez bien ce sentiment d’infini que laisse la Sibérie : « La Sibérie : elle occupe le douzième des terres émergées du globe – voilà la seule certitude qu’elle laisse dans l’esprit. Une austère beauté, une peur indélébile. De jour j’avais trouvé la taïga silencieuse, baignant dans une lumière verdâtre et une paix de cathédrale. Mais ce vide n’était qu’une absence d’humains. La forêt bruissait de toute la vie inquiète qui la peuplait ».

A travers le hublot

A travers le hublot

Pour vous donner une idée de l’immensité de ce voyage rappelons tout de même quelques chiffres. Les différentes lignes du transsibérien ont été construites sur presque 40 ans. La ligne principale couvre 9288 km entre Moscou et Vladivostok, un voyage complet d’une semaine entière est nécessaire. Il y a 990 gares sur son tracé et ses rails traversent également toute la Mongolie et le nord de la Chine !! Tout cela fait de la ligne transsibérienne la voie ferrée la plus longue de la planète et de très loin.

Le train m’a donc mené jusqu’à Ulan-Ude à la frontière russo-mongole mais avant de descendre plus bas, je vous donne rendez vous dans un prochain article sur les rives de la Perle de Sibérie, j’ai nommé le Lac Baïkal… A suivre. Concernant la carte interactive, j’ai décidé d’en commencer une nouvelle pour l’Asie. Pour voir mon itinéraire en Europe, référez vous aux anciens articles !

Publié dans Itinéraire | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 8 commentaires

Macedonia, just below the surface – May 2013

I had never been to this country. Not many people do, for that matter. I mean to say few west-Europeans. The majority of tourists here are Turkish, Greek or Bulgarian. Macedonia is a real vortex of ex-Yugoslavia with a fine landscape. Here everything is contradiction in the will to overcome the past ! But where is the present, where is the past ? You can never know.

 

At its heart, Macedonia holds innumerable hardened scars from the soviet era, and Skopje in the east is the most blatant example ! Arriving by road you discover that this town has a strange appearance, where the ‘Macedonians’ rub shoulders with a big melting pot of Slavs, Albanians, Vlachs, Serbians, Romanians and Bulgarians in a very young state that searches for its bearings as much politically as historically!

You will be disconcerted by the obvious effort to make symbols out of nothing. If soviet buildings are there, as big as they are immensely empty, monuments are relentlessly created around them in plaster, in the same style as the ancient Greeks ! Antiquity is used as a sort of camouflage here, and 30 year old buildings look like real historical relics.

Wander around a bit and you will see Alexander the great at every crossroad! Immense statues of bronze celebrate a patriotic hero that has in fact nothing to do with the country since ancient Macedonia was situated in the north east of Greece ! Incidentally, this tale of statues almost triggered an armed conflict between Greece and modern Macedonia in the 2000s !

It goes to show how complex this country is. It is also complex in its constitution, because if Macedonia is a state, the principle of ‘minority’ is inexistent there. There’s more talk here of ethnicity, that is to say that even if the Macedonian language is the most widespread, it has no chance of being the official language. In parliament, each representative speaks in the language of their community. In the same way there are 126 national television channels. To illustrate, imagine a channel that we’ll call ‘France 108’and that would speak for the chtimis community in Marseille!!  A truly surprising country, and beautiful too ! Big mountains criss-cross the landscape, the snow-capped peaks follow on from green hills and dark lakes which carry on from pastures…

A country that I recommend, I will return because it really merits lingering in order to understand it! I only travelled across the country,  met a few people and went to a concert. My point of view is only what I felt, there is nothing objective, but Macedonia truly captivated me!

Publié dans In English | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

The ‘Kurwa’ Autostop Race Dubrovnik – April 2013

On my way after Slovenia i kept seeing teams of hitchhikers, all dressed in blue and always going in the same direction as me  ! Once in a car or truck, I saw them all over the place with their big signs, taking any route to Dubrovnik ! I stopped at a service station and bingo ! Them again ! In an isolated bend in the middle of nowhere, they were there again !! Trying to avoid them you stumble upon 5 or 6 straight away… But who were these people??!

You’ve probably guessed that i ended up smack bang in the middle of an ENORMOUS hitchhiking race between thousands of polish students, all starting at Wroclaw and heading to Dubrovnik ! Luck and bad luck. Bad luck because, impossible to hitchhike properly because of the crowds of people on the road, it’s fair to say that with 30 people at a service station, even patience has no use.

I had to come to terms with this ‘Dubrovnik Express’. Incidentally, it’s much more fun than the poor program offered by the French chain, which would have done better to carry on occupying itself with sticking idiots in front of camping fires and trying to make us believe that hitchhiking is done by screaming after cars like decerebrated badgers.

Luck ? I decided to gatecrash this adventure with my poor five words of polish, which, after all, had some effect! I went on to meet Oskar and Maciej, two nice guys who just wanted to get to Dubrovnik to get completely hammered for free!

Seduced by this point of view, I decided to join this team. “Right guys, shall we go to Dubrovnik?” I said, and they replied “Yeah if we can get there tonight it’s cool’. I retorted, jabbering in a mixture of English and polish “well we don’t give a damn about your race ‘kurwa’ we’re going to the beach ‘kurwa’”

That’s how i ended the night in Omis with a charming team of losers, more worried about seeing the country and going swimming than finishing in Dubrovnik ! The next morning my career as hitchhiking coach was done, they’ll maybe call me the ‘Domenech of hitchhiking’ one day, but at least i know that they weren’t back in class today and that they decided to stay on the road for a while ! And that, that’s makes me feel good.

In the end i found the idea mostly nice, and it was great to be able to share these few kilometres with these students. Even if I’m glad that they no longer overload my route from now on, who knows who I’m yet to meet!

Publié dans In English | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire