Km 15 922 – La traversée du désert

« L’auto-stoppeur est un individu qui cherche à se faire rouler sans pour autant en être de sa poche. »

Serge Mirjean

Après ce magnifique tour du Gobi (voir ici) j’étais de retour à Dalanzadgad, la capitale du Sud. La dernière  grande ville avant la frontière chinoise ! Vue sur une carte, elle ne semble pas très éloignée de la Chine. A vol d’oiseau, sûrement moins de deux ou trois heures. La réalité est bien différente !! Ce que l’on nommera comme une grande ville n’est en fait pas si vaste et surtout éloignée de l’axe principal reliant Oulan Bator à Erenhot, la ville-frontière côté chinois !

En Mongolie, éloignée signifie très souvent qu’il n’y a tout simplement aucune route et c’est encore plus vrai dans le Gobi. Mes premiers doutes apparaissent. Faire du stop dans les pistes, est-ce bien raisonnable ? Je n’ai pas de carte, à peu près aucune idée de par où me diriger et ici presque personne ne parle anglais. Je décide de m’établir dans un hôtel afin de scruter les cartes sur internet et de tâter le terrain.

Dalanzadgad, pas grand chose à se mettre sous l'objectif !

Dalanzadgad, pas grand chose à se mettre sous l’objectif !

Le lendemain de mon arrivée, je décide d’explorer plus avant les sorties de la ville. Trois heures à marcher en long, en large et en travers, à questionner les gens avec l’aide de mon stylo et de mon fidèle cahier, à ne rien comprendre et à me faire expliquer que je suis un fou. En effet, même les mongols qui veulent se rendre en Chine d’ici doivent d’abord remonter la route jusqu’à Oulan Bator avant de redescendre. Le système routier mongol est archaïque et disposé en étoile, Oulan Bator en étant évidemment le centre. Un échec cuisant. Retour à l’hôtel.

Deuxième jour et rebelotte !! Mais cette fois-ci, bonne surprise ! Je trouve LA station essence à la sortie Est de la ville. J’y passe toute la journée à essayer de communiquer avec les très rares voitures ou camions qui s’arrêtent (il y a très peu de voitures privées en Mongolie. Beaucoup de motos ou de bus… et des chevaux). Personne mais absolument personne ne semble partir dans cette direction pour la simple et bonne raison que ce qui sépare les deux routes n’est autre qu’une journée et une nuit de piste en plein désert. Dépité, je rentre encore une fois à mon hôtel. Mais il y a TOUJOURS une solution en auto-stop ! Et c’est à l’hôtel que je rencontrerai Oona (C’est n’est sûrement pas la bonne orthographe), un jeune homme d’une vingtaine d’années et son break Mitsubishi absolument pas tout terrain. Il arrive du Nord pour récupérer son cousin et rejoindre Erenhot pour acheter du merdier !

L’essence lui revient moins chère en passant par la piste et si j’accepte de participer aux frais, il est prêt à m’embarquer ! Je suis aux anges, j’accepte sans me poser de question. Alors oui, la citation de départ ne marche plus mais il faut savoir que le stop en Mongolie est très particulier et que participer ou donner un peu d’argent est tout à fait normal. J’ai bien plus d’argent qu’eux, je les aide, ils me transportent. Deal.

Le lendemain, c’est parti ! Premier arrêt, station essence (celle là même que j’avais repéré) ! Le plein mais aussi quelques bidons qui m’encadreront durant tout le trajet. Du liquide refroidissant, de l’huile et des bougies. Le cousin ramènera également rien de moins que trois roues de secours et l’attirail du parfait mécanicien ! Ça donne le ton. Nous avançons les premières heures sur la route sans aucun problème. Quand la nuit tombe, nous abordons la piste ! Pas question de dormir, à grand coup de vodka Oona attaque le désert et fait souffrir le break. 10 kilomètres, première crevaison. Nous passerons en tout plus de 30 heures sur les pistes, épuiserons l’ensemble des roues de secours avant de rejoindre la route !

Les pistes mongoles !

Les pistes mongoles !

Mais alors que tout ça semble terminé, à l’abord d’une petite ville, voilà que le capot se transforme en barbecue ! Et à ce moment précis, j’ai vécu une chose que seule la route mongole peut offrir. Un coup de téléphone, un quart d’heure d’attente et soudain… un gamin à moto sorti de nulle part ! Le dépanneur à la mongole ! Réparation sur place, pif paf, clic clic et la voiture de ronronner à nouveau ! La majorité de la route restante, je dormirai un peu, un sommeil entrecoupé par les arrêts aux « resto-route » pour manger de « délicieuses » soupes de pâtes aux tripes et les quelques pauses (enfin !) de mes conducteurs !

Il m’aura fallut un peu plus de trois jours pour rallier la frontière ! Après une longue attente au check-point chinois parmi les 4×4 transfrontaliers faisant passer les touristes, je posais le pied pour la première fois en Chine ! Je quittais mes pilotes de compagnons pour leurs emplettes et c’est exténué que je décidais de trouver un bus-couchette pour rallier Pékin, ma prochaine destination ! Au revoir fabuleux « Pays du Ciel Bleu », bonjour « L’Empire du Milieu » !

Pour la carte de l’itinéraire, j’ai dû la faire à « main levée » car même Google semble galérer à gérer les itinéraires en Mongolie. Je n’ai pas réussi à intégrer cette carte dans l’article mais vous pouvez la consulter ici. Le tracé en rouge vous indique le chemin approximatif (piste oblige) parcouru en stop à travers le désert !

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