Obtenir son visa chinois en Mongolie (Ambassade d’Oulan Bator)

[ATTENTION: INFORMATIONS VALABLES EN AOUT 2013]

« La bureaucratie réalise la mort de toute action »

Albert Einstein

Pour celles et ceux qui suivent le blog depuis sa création, vous vous souvenez sûrement de mes déboires pour obtenir mon visa russe depuis Paris (pour les mauvais élèves, c’est là que ça se passe). Et bien aujourd’hui, je vous propose de vous aider à vous dépatouiller dans ce match serré qui va vous opposer aux bureaucrates chinois à Oulan Bator. Un calibre au moins équivalent.

Je sais (grâce à d’autres voyageurs) qu’il est plus facile d’obtenir le visa chinois depuis d’autres pays notamment depuis la Thaïlande ou l’Asie du Sud-Est en général. Je m’attarderai ici sur le cas particulier de la Mongolie.

S’il est compliqué d’obtenir son visa à Oulan Bator, c’est qu’il y a de très nombreuses tensions diplomatiques entre ces deux pays dues à l’histoire et au statut de la Mongolie-Intérieure (région frontalière appartenant à la Chine). Je ne m’etendrai pas ici sur la géopolitique. Néanmoins, si cela vous intéresse je vous renvoit vers cette bonne émission réalisée par France Culture dont vous trouverez le podcast ici.

Pour ce qui nous intéresse, sachez donc que pour ce visa vous vous préparez des « nervous breakdown » modèle géant ! La quantité de papiers demandés par l’ambassade de Chine étant proprement gargantuesque.

L'ambassade de Chine. Crédit Photo: Wikipédia

L’ambassade de Chine. Crédit Photo: Wikipédia

Voici la liste officielle (j’insiste sur le terme officiel, nous verrons pourquoi):

– Un passeport (évidemment. valable plus de 6 mois etc… classique)

– 2 photos d’identité (la base, toujours)

– Les deux formulaires disponibles à l’ambassade. Assez long avec des questions approfondies (on s’y attendait un peu). Donc bien sûr, vous n’êtes ni journaliste ni vidéaste hein !

– Une attestation d’assurance couvrant la totalité de votre séjour.

– Un billet d’avion ORIGINAL (pas une réservation) prouvant votre sortie du territoire. Déjà là, ça peut poser un problème. Nous verrons plus bas comment contourner ledit problème.

– Un justificatif de vos revenus. En clair, un relevé de banque ou un duplicata.

– Votre parcours détaillé en Chine (toutes les villes visitées) avec « Voucher ». En clair, une réservation d’au moins une nuit dans un hôtel en Chine pour obtenir un « voucher » certifié par le Bureau de l’Immigration.

– Une lettre d’invitation d’un résident ou d’un organisme officiel chinois rédigée en chinois de préférence et visée par le commissariat du quartier de résidence de votre contact. Cette lettre précise que votre contact se porte garant pour vous. Tu viens foutre la merde en Chine ? C’est ton contact qui va en prison ! Là vous vous dites « ok mais bon ça doit être facile à falsifier ça… ». C’est pas faux mais attendez le point suivant.

– Avec cette lettre doivent être joint la photocopie du passeport et de la carte d’identité de votre contact. Nettement plus compliqué à falsifier n’est-ce pas ?

VOILA ! Et maintenant je vais être très clair dans mes propos. Cette liste officielle est bien longue mais en réalité la pièce maîtresse et INDISPENSABLE est bel et bien la fameuse lettre d’invitation. Sans ça, ce n’est même pas la peine de vous présenter à l’ambassade. Ceux qui vous diront le contraire sont des menteurs. A ma première tentative, nous étions quinze étrangers et seul celui qui avait sa lettre d’invitation est passé.

Malgré le reste du dossier complet, sans lettre, pas de visa. J’ai mis plus d’une semaine à me dégoter une lettre en bonne et due forme grâce à de fabuleux contacts !!

A ma deuxième tentative, l’irrascible bureaucrate a pris mon dossier (avec l’ensemble des pièces demandées), en a retiré le formulaire et la lettre, m’a rendu le reste sans vérifier, merci au revoir, votre visa sera prêt dans une semaine.

Le sésame !

Le sésame !

Alors moi, voilà ce que je prône ! La solidarité entre voyageurs ! A la sortie de l’ambassade j’ai proposé de refourguer ma lettre d’invitation et les photocopies de passeport dont j’avais plusieurs exemplaires à un autre voyageur. Je la ferai tourner encore une fois dans mon auberge ! Car la réalité est celle-ci, tant que vous présentez une lettre, tout le monde est content et les vérifications sont peu fréquentes

Néanmoins, un fonctionnaire zélé pourrait très bien vérifier les autres documents. Et notamment les fameux billets d’avion ! Sur ce point, pas d’inquiétude. Sur Peace Avenue (l’artère principale d’Oulan Bator) pullulent ce qu’on appelle des « Air Market ». Ce sont en fait des agences de réservation de billets d’avion. Entrez dans n’importe laquelle et dites simplement « chinese visa » et tout le monde comprendra. Dix minutes plus tard vous ressortirez avec un beau papier tamponné précisant que vous avez deux billets d’avion payés. Le tout… gratuitement. Un jeu d’enfant.

De faux billets d'avion ? Pas de problème !

De faux billets d’avion ? Pas de problème !

Pour ce qui est de l’adresse physique de l’ambassade, des horaires et des formalités de paiement, suivez le guide:

L’ambassade de Chine est située au croisement de la rue Baga Toiruu et de Beijing Street à deux pas du parlement mongol. Sur la carte, ça donne ça :

Pour ce qui est des horaires, je vous conseille d’arriver vers 7h30-8h00 car il y a souvent du monde ! Pour les visas, l’entrée se situe sur la rue à gauche quand vous êtes face à l’ambassade. Vous devrez vous acquittez de 30$, il n’est pas possible de payer en Tugriks et on ne paye pas directement au guichet. L’ambassade vous fera un papier. Avec ce papier rendez vous dans la banque qui fait face à l’entrée principale. Ici vous vous acquitterez des frais consulaires.

Un dernier point. L’extension du visa chinois est très facile paradoxalement ! Il vous suffit pour ça de vous rendre dans un « PSB » (Police Security Bureau), de remplir un nouveau formulaire, fournir des photos et payer. Le tour est joué et cela devrait vous prendre entre deux et huit jours selon la ville où vous faites votre demande.

Extension de visa ? Aucun problème !

Extension de visa ? Aucun problème !

Voilà cher-e-s ami-e-s ! j’éspère que cet article pourra aider d’autres voyageurs souhaitant faire leur visa chinois en mongolie et n’hésitez pas à me contacter si vous êtes en galère… On peut s’arranger 😉 ! A très bientôt

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Chine – Partie 2 – Premiers pas au Yunnan

« Ah ! Le génie chinois ! Avoir inventé le principe du non-agir pour justifier de rester toute la journée à se dorer au soleil du Yunnan sur le seuil d’une cabane… »

Sylvain Tesson

Nous étions mi-août passée, en pleine haute saison touristique chinoise. Je voulais rejoindre le Yunnan le plus vite possible. Aucun problème me dis-je ! Vu l’état des routes et la qualité du réseau de transports chinois, tout cela devrait me prendre quelques heures pour trouver une combinaison de bus voire un bus direct ralliant la ville de Kunming. Grossière erreur.

Après avoir écumé les stations de bus, les agences touristiques et fait des demandes auprès des guest houses il n’y avait plus aucun bus disponible pour Kunming. Au mieux, d’invraisemblables combinaisons faisant faire d’interminables zigzags, rallongeant toujours un peu plus le trajet et le budget que je comptais allouer à mon itinéraire. Qu’à cela ne tienne, pas découragé pour un sou, je me lançais à l’assaut des gares !

Les guichets de gare en Chine, c’est la guerre ! Le concept de « faire la queue » n’existe pas et si vous ne vous décidez pas à vous lancer dans la cohue en bousculant tout ce qui bouge, vous n’accéderez jamais au comptoir. Mais une fois devant le guichetier, ne lâchez rien ! Car les gens viendront parler au bonhomme en même temps que vous qui commencez à avoir quelques pulsions de meurtre incontôlables.

Mon « périmètre » instauré, j’entamais la négociation avec mon interlocuteur absolument pas bilingue pour me faire expliquer que les prochaines places disponibles pour Kunming étaient dans un train… dans un mois et demi ! Voilà. Vous avez compris. Complet en Chine, ça veut dire complet parfois pendant des mois entiers si bien que les gens (surtout pendant les vacances chinoises) réservent leur billets parfois deux ans à l’avance ! Un phénomène que je retrouverai en Inde quelques mois plus tard mais nous n’en sommes pas encore là. Expulsé de la file, je retentais à un autre guichet pour être bien sûr.

Cette fois-ci, on me proposait une combinaison de trains possible avec de multiples changements mais pour un prix bougrement élevé (près d’une centaine d’euros) et un trajet de près de soixante dix heures !! J’arrêtais là. En rentrant dépités, mon compagnon de route et moi-même commençons à envisager à contrecoeur l’option de l’avion. Et en effet, pour seulement 2h30 de vol, un Pékin-Kunming nous reviendra aussi cher que l’abracadabrantesque parcours ferroviaire proposé ! C’est décidé, nous volerons. Le lendemain et un avion plus tard, nous posions les pieds au Yunnan.

Centre ville de Kunming

Centre ville de Kunming

Kunming est une grande ville somme toute agréable mais je ne restais là que deux jours avant de partir vers l’ouest dont on m’avait vanté la beauté. Première étape d’une boucle dans le Yunnan, Lijiang. Voilà une ville étrange, aussi mignonne que repoussante !

Lijiang

Lijiang

Un exemple (parmis tant d’autre) d’un tourisme mal géré ! Entièrrement détruite par un séisme en 1996, Lijiang a été reconstruite « à l’identique », raflant au passage son inscription à l’UNESCO. Or, qu’en est il réellement ? Si la reconstruction à donné lieu à une urbanisation non maîtrisée, l’entretien et la rénovation des vieux bâtiments est très bien faite. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Vous évoluez en fait ici dans un supermarché à ciel ouvert où se mêlent restaurants, échoppes en tout genre vendant les mêmes babioles estampillées « artisanat-fait-main-par-les-minorités-achète-c’est-pour-les-pauvres », Pizza Hut, McDonald, tour en calèche, faux bonzes et centaines de cars deversant des touristes (chinois pour la plupart) à longueur de journée… On trouve de tout et surtout n’importe quoi entre les mugs Starbucks et les portraits de Mao cotoyant Madonna, Barack Obama et Ben Laden…

On trouve de tout à Lijiang !

On trouve de tout à Lijiang !

A tel point que l’UNESCO a menacé de retirer Lijiang de la liste des sites classés. Ce qui serait dommage car la vieille ville recèle encore d’impressionants bâtiments originaux somptueux… A voir dans l’avenir !

Une ville superbe malgré tout !

Une ville superbe malgré tout !

Mais Lijiang est aussi connue pour sa région et les magnifiques treks qu’il est possible de réaliser. Après avoir voulu escalader la Montagne du Dragon de Jade, nous faisons le choix de partir trois jours afin de réaliser le trek des Gorges du Saut du Tigre. Un excellent choix pour un trek impressionnant où nous évoluerons à flanc de falaise sur un à pic de quelques centaines de mètres au dessus du fleuve Yangzi ! Deux jours de marche dans des conditions climatiques flippantes à cause de la pluie.

Arrivée dans les gorges du Yangzi

Arrivée dans les gorges du Yangzi

Chaque année, des randonneurs tombent dans le vide ou sont emportés par des coulées de boue à cause des pluies diluviennes à cette époque de l’année. D’ailleurs, deux semaines après mon passage, c’est un tremblement de terre qui entraînera de très importantes coulées ne faisant aucune victime et la fermeture du site.

Gorges du Saut du Tigre

Gorges du Saut du Tigre

Une très belle rando néanmoins où vous avancerez tantôt par des chemins très étroits, des escaliers, les fameux « virages », les champs de cannabis et les quelques rares villages qui jalonnent le parcours.

Dans les champs de weed !

Dans les champs de weed !

Et pour  les plus courageux, en toute fin de sentier, vous aurez l’occasion de descendre par un chemin jusqu’au bord du fleuve ! Mais que Mao me fouette ! Un chemin de fou avec des portions à 90° d’inclinaison notamment par une échelle rouillée d’une bonne cinquantaine de mètres accrochée directement à la falaise ! Les acrophobes apprécieront ! Ca c’est pour la descente. Je vous laisse imaginer la remontée par 35° et 100% d’humidité !

Au bord du Yangzi après un chemin difficile !

Au bord du Yangzi après un chemin difficile !

Pour nous remettre de cette débauche de sport, direction Shangri La ! Shangri La ? Oui, ce lieu n’existe pas. Ou plutôt c’est un nom donné à tout et n’importe quoi pour attirer les touristes. Ainsi, Zhongdian et par extension la ville de Xianggelila au Yunnan, fut renommée ainsi en 2001 pour capter la manne potentielle générée par Lijiang et ses alentours.

Shangri La depuis le "petit potala"

Shangri La depuis le « petit potala »

Ce nom fictif est en fait tiré d’un célèbre roman de James Hilton, « Lost Horizons », dont le récit prend place dans un Himalaya fantasmé. Vous retrouverez donc des auberges Shangri La, des restaurants et même des villes jusqu’au Népal et même en Inde (information vérifiée par mes soins !). Au delà de ça, c’est un endroit que j’ai bien apprécié, étrangement peu envahi alors qu’un festival Tibétain y avait lieu.

Femme tibétaine en costume

Femme tibétaine en costume

Un souvenir marquant de cette ville fut de faire tourner l’un, sinon le plus grand des moulins à prière du monde ! Pour cette tentative il aura fallut pas moins de vingt hommes et deux tentatives pour libérer les mantras !

le fameux moulin géant de Shangri La

le fameux moulin géant de Shangri La

Quant à mes prières, je les adressaient aux Dieux de l’auto-stop car je laissais maintenant mon camarade pour reprendre la route en solo et en pouce ! Ma prochaine destination sera la ville de Dali (pas le peintre, la ville) avant de m’enfoncer plus au sud jusqu’aux frontières birmane et laotienne et de remonter au Sichuan.

Fin du tourisme et retour sur l’asphalte à suivre dans la troisième et dernière partie de ce voyage en Chine…

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Chine – Partie 1 – La géante rouge et la muraille

« Qui n’a jamais gravi la muraille de Chine n’est pas un homme véritable »

Mao Zedong

Nous nous étions quittés la dernière fois à Erlian à la frontière sino-mongole ! Dans cet article (voir ici), je concluais en disant que j’allais chercher un bus de nuit pour rejoindre Pékin.

Et quelle connerie mes amis ! J’aurais mieux fait d’y aller en stop ! Il n y a pas eu d’arnaques (fréquentes en zone transfrontalière) puisque ce fameux bus ne m’a pas coûté bien cher mais ce trajet fut apocalyptique en terme de durée ! Car mon premier contact avec la Chine, je le ferai en attendant pas moins de 11h sur une aire d’autoroute en plein « smog » (immense nuage de pollution, récurrent à Pékin) par 40°. Un embouteillage monstre de 200kms seulement entrecoupé par les fumées des centaines de chantiers, de grues et d’usines de charbon ! Résultat, j’arrivais le lendemain, poisseux et amorphe, en banlieue de Pékin.

Le boulevard circulaire

Le boulevard circulaire

Je dormais toute la journée et le lendemain je retrouvais mon comparse John, rencontré en Mongolie, non loin du centre ville, pour aller nous installer dans le quartier de Dongzhimen.

Alors que dire à propos de cette ville ? Moi j’ai bien aimé malgré le smog persistant durant la dizaine de jours passés ici. Je dois l’avouer, je me suis pas mal reposé, j’ai même bien glandé. Je suis allez faire un tour (obligatoire) sur la place Tien An Men, sûrement un des endroits les plus surveillé du monde. J’ai tenté une entrée dans la Cité Interdite avant de renoncer face aux cohortes de milliers de touristes chinois fidèles à leur  réputation !

La Cité Interdite

La Cité Interdite

Grâce à l’excellent métro, j’ai pu aussi me rendre dans des endroits moins connus, flânant au hasard des rues, m’entraînant à la négociation dans les nombreux « fake markets » (marchés spécialisés dans les contrefaçons) et dégustant pour la première fois de ma vie une des gastronomies les plus riches qu’il m’ait été donné de goûter !

Et évidemment, le « must » ici n’est autre que le célèbrissime canard laqué à la pékinoise. Ce fut le repas « bonus-extra-budget » de mon voyage et ce fut… une déception (pour ma part en tout cas) ! Le cadre était top, un genre de restaurant aux boiseries traditionnelles, le serveur venant préparer le canard devant vous et tout le tralala… Cependant, si pour les chinois les morceaux de choix sont essentiellement le gras du canard, je dois avouer que je n’ai pas bien saisi quand j’ai vu le serveur repartir avec les blancs et les cuisses de canard mais me laisser la tête entière avec le bec. Inversement culturel total ! Cela dit, je vous le recommande tout de même !

La tête de canard avec son bec, un morceau de choix !

La tête de canard avec son bec, un morceau de choix !

Et que dire des gens, les pékinois ? Et bien je dirais qu’ils sont à l’image de tous les citadins d’une mégalopole de près de vingt deux millions d’habitants ! Pressés, bruyants, nerveux… bref, des gens de la capitale quoi. Un parisien se sentira donc plutôt à son aise dans cette ambiance. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Ici tout, absolument tout est différent. Pour vous en rendre compte, rendez vous dans un des nombreux supermarchés de la ville. J’ai personnellement tourné pendant une heure sans rien trouver de familier à part du pain de mie !!!

Les fameux oeufs de cent ans, un classique du supermarché chinois

Les fameux oeufs de cent ans, un classique du supermarché chinois

La Chine est un pays bien trop grand pour être visité en profondeur avec un visa restrictif. Mon but était de rester un maximum de temps dans le Yunnan, c’est à dire à l’autre bout du pays !

J’allais donc bientôt quitter Pékin. Mais avant toute chose, mon égo de mâle culpabilisé par la grosse tête et la citation de sa sainteté Mao Zedong, je décidais que je ne pouvais décemment pas quitter la région sans rejoindre la Grande Muraille de Chine. Et là bien sûr, le but du jeu est d’éviter absolument les centaines d’escroqueries et de pièges à touristes qui fleurissent autour de ce monument de renommée mondiale et même spatiale (paraît-il).

Après discussion avec mes compères, nous jetons notre dévolu sur une portion plus éloignée, moins rénovée, plus difficile d’accès mais qui procure l’avantage d’être bien moins chère, moins fréquentée et surtout qui permet de rester sur l’édifice afin de passer la nuit dans une des milliers de tours de garde qui jalonnent la muraille. Nous embarquons donc à bord d’un bus de ville, direction Gubeikou. Arrivés au soir dans un brouillard à couper au couteau, ils nous est impossible de distinguer la muraille et ses points d’accès. Un comble pour un monument de cette envergure !

Finalement, alors que la nuit est complètement tombée, nous rencontrons une chinoise qui nous mènera jusqu’au sentier montant sur une des portions de la muraille ancienne. A la frontale, nous dénichons enfin une tour de garde où nous établissons notre campement précaire et ouvrons, pour fêter ça, une bonne bouteille de vodka (les habitudes mongoles sont encore présentes !).

Notre campement improvisé

Notre campement improvisé

Après une nuit plutôt agréable, nous cheminerons le reste de la journée sur la muraille, évoluant au gré de la géographie par d’immenses escaliers vous faisant monter brutalement puis redescendre à l’infini.

Sur la muraille...

Sur la muraille…

On ne voit jamais le bout, la muraille se déploie comme un dragon à perte de vue et vous pensez inévitablement aux centaines de milliers d’hommes tombés pour la construction de cette folie militaire hors norme ! Un spectacle ahurissant que je vous encourage chaudement à découvrir !!

...à n'en plus finir !

…à n’en plus finir !

De retour à Pékin, il fallait organiser notre départ pour rejoindre le Yunnan soit un trajet de près de 2700 kilomètres jusqu’à Kunming. Pour cette portion, j’ai mis de côté l’autostop pour garder un maximum de temps au Yunnan. Il restait donc à trouver un train ou une combinaison de bus…

Plus facile à dire qu’à faire en très haute saison touristique chinoise ! Nous verrons cela dans la deuxième partie !

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Km 15 922 – La traversée du désert

« L’auto-stoppeur est un individu qui cherche à se faire rouler sans pour autant en être de sa poche. »

Serge Mirjean

Après ce magnifique tour du Gobi (voir ici) j’étais de retour à Dalanzadgad, la capitale du Sud. La dernière  grande ville avant la frontière chinoise ! Vue sur une carte, elle ne semble pas très éloignée de la Chine. A vol d’oiseau, sûrement moins de deux ou trois heures. La réalité est bien différente !! Ce que l’on nommera comme une grande ville n’est en fait pas si vaste et surtout éloignée de l’axe principal reliant Oulan Bator à Erenhot, la ville-frontière côté chinois !

En Mongolie, éloignée signifie très souvent qu’il n’y a tout simplement aucune route et c’est encore plus vrai dans le Gobi. Mes premiers doutes apparaissent. Faire du stop dans les pistes, est-ce bien raisonnable ? Je n’ai pas de carte, à peu près aucune idée de par où me diriger et ici presque personne ne parle anglais. Je décide de m’établir dans un hôtel afin de scruter les cartes sur internet et de tâter le terrain.

Dalanzadgad, pas grand chose à se mettre sous l'objectif !

Dalanzadgad, pas grand chose à se mettre sous l’objectif !

Le lendemain de mon arrivée, je décide d’explorer plus avant les sorties de la ville. Trois heures à marcher en long, en large et en travers, à questionner les gens avec l’aide de mon stylo et de mon fidèle cahier, à ne rien comprendre et à me faire expliquer que je suis un fou. En effet, même les mongols qui veulent se rendre en Chine d’ici doivent d’abord remonter la route jusqu’à Oulan Bator avant de redescendre. Le système routier mongol est archaïque et disposé en étoile, Oulan Bator en étant évidemment le centre. Un échec cuisant. Retour à l’hôtel.

Deuxième jour et rebelotte !! Mais cette fois-ci, bonne surprise ! Je trouve LA station essence à la sortie Est de la ville. J’y passe toute la journée à essayer de communiquer avec les très rares voitures ou camions qui s’arrêtent (il y a très peu de voitures privées en Mongolie. Beaucoup de motos ou de bus… et des chevaux). Personne mais absolument personne ne semble partir dans cette direction pour la simple et bonne raison que ce qui sépare les deux routes n’est autre qu’une journée et une nuit de piste en plein désert. Dépité, je rentre encore une fois à mon hôtel. Mais il y a TOUJOURS une solution en auto-stop ! Et c’est à l’hôtel que je rencontrerai Oona (C’est n’est sûrement pas la bonne orthographe), un jeune homme d’une vingtaine d’années et son break Mitsubishi absolument pas tout terrain. Il arrive du Nord pour récupérer son cousin et rejoindre Erenhot pour acheter du merdier !

L’essence lui revient moins chère en passant par la piste et si j’accepte de participer aux frais, il est prêt à m’embarquer ! Je suis aux anges, j’accepte sans me poser de question. Alors oui, la citation de départ ne marche plus mais il faut savoir que le stop en Mongolie est très particulier et que participer ou donner un peu d’argent est tout à fait normal. J’ai bien plus d’argent qu’eux, je les aide, ils me transportent. Deal.

Le lendemain, c’est parti ! Premier arrêt, station essence (celle là même que j’avais repéré) ! Le plein mais aussi quelques bidons qui m’encadreront durant tout le trajet. Du liquide refroidissant, de l’huile et des bougies. Le cousin ramènera également rien de moins que trois roues de secours et l’attirail du parfait mécanicien ! Ça donne le ton. Nous avançons les premières heures sur la route sans aucun problème. Quand la nuit tombe, nous abordons la piste ! Pas question de dormir, à grand coup de vodka Oona attaque le désert et fait souffrir le break. 10 kilomètres, première crevaison. Nous passerons en tout plus de 30 heures sur les pistes, épuiserons l’ensemble des roues de secours avant de rejoindre la route !

Les pistes mongoles !

Les pistes mongoles !

Mais alors que tout ça semble terminé, à l’abord d’une petite ville, voilà que le capot se transforme en barbecue ! Et à ce moment précis, j’ai vécu une chose que seule la route mongole peut offrir. Un coup de téléphone, un quart d’heure d’attente et soudain… un gamin à moto sorti de nulle part ! Le dépanneur à la mongole ! Réparation sur place, pif paf, clic clic et la voiture de ronronner à nouveau ! La majorité de la route restante, je dormirai un peu, un sommeil entrecoupé par les arrêts aux « resto-route » pour manger de « délicieuses » soupes de pâtes aux tripes et les quelques pauses (enfin !) de mes conducteurs !

Il m’aura fallut un peu plus de trois jours pour rallier la frontière ! Après une longue attente au check-point chinois parmi les 4×4 transfrontaliers faisant passer les touristes, je posais le pied pour la première fois en Chine ! Je quittais mes pilotes de compagnons pour leurs emplettes et c’est exténué que je décidais de trouver un bus-couchette pour rallier Pékin, ma prochaine destination ! Au revoir fabuleux « Pays du Ciel Bleu », bonjour « L’Empire du Milieu » !

Pour la carte de l’itinéraire, j’ai dû la faire à « main levée » car même Google semble galérer à gérer les itinéraires en Mongolie. Je n’ai pas réussi à intégrer cette carte dans l’article mais vous pouvez la consulter ici. Le tracé en rouge vous indique le chemin approximatif (piste oblige) parcouru en stop à travers le désert !

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Mongolie – Partie 4 – Retour vers le futur

« La vie ne se comprend que par un retour en arrière, mais on ne la vit qu’en avant »

Søren Kierkegaard

Au septième jour, sous un temps obscur qui ne présageait rien de bon, j’arrivais face aux Falaises Flamboyantes de Ob Nob ! Une stupéfiante agrégation de sable rouge-feu cristallisée en un canyon tortueux et à pic ! A cet endroit furent découverts de nombreux fossiles de dinosaures entiers dont un énorme Tyranosaurus Rex ! On peut encore admirer de ci de là d’immenses empreintes de sauriens et même des œufs figés dans la roche.

Je décidais de partir plus avant en solitaire à travers le canyon, parcourant les fragiles sillons et les éboulis de sable. C’est en remontant à quatre pattes certains d’entre eux que je déboulais sur le plus haut point de vue des falaises. Fantastique !! Un paysage irréel noyé dans un air humide et violet faisant déteindre le ciel en une multitude d’averses et d’orages qui désormais m’entouraient.

DSCF2021

Encerclé par les tempêtes !

D’ici vingt minutes, ce chaos de vent, de pluie, de grêle et d’éclair s’abattrait impitoyablement sur nous, ça c’était une certitude. Je prenais alors mes jambes à mon cou afin de redescendre car sous de fortes pluies, cet endroit peut se révéler bien dangereux, le sable s’écroulant en blocs massifs et meurtriers !

Juste avant...

Juste avant…

A peine arrivé en bas, je retrouvais mon compère américain quand le déluge nous prît dans notre retraite. Deux petits hommes livrés tout entier à la furie des cieux ! Je n’ai jamais reçu autant de grêlons et de sable mouillé projeté par le vent de toute ma vie !

C’est en voyant les éclairs s’abattre sur le désert que nous nous sommes légèrement affolés. Pas d’abris, pas de grotte, pas même un rocher pendant un kilomètre quand soudain… ô joie ! Une étable ! Nous retrouvons à l’intérieur l’ensemble du groupe resté avec le guide et c’est trempé jusqu’à la moelle que nous regagnerons notre camp ! Un endroit vivifiant, c’est indéniable.

Le lendemain, nous quittions pour de bon le désert de Gobi. Sur la route du retour, en direction de Karakorum, nous fîmes une halte au monastère d’Ongiin. Ou du moins, de ces ruines.

Monastère d'Ongiin

Monastère d’Ongiin

Entre 1937 et 1939, la Mongolie subit ce que les historiens qualifient de « Grande Répression ». Sur ordre de Staline, l’Armée Rouge est sommée d’endiguer toute fuite des Bouriates russes vers la Mongolie et de mater par la violence toute velléité d’indépendance des dirigeants mongols. Ce qui se produit cette année là (1937) est donc un autre exemple de ce dans quoi Staline excellait, les purges.

Les soviétiques font donc massacrer ennemis politiques, nationalistes mongols, nobles, intellectuels, civils résistants mais surtout la grande majorité du clergé Bouddhiste. 33 000 personnes moururent dans ce véritable génocide, soit 5% de la population mongole. Les temples, les sanctuaires et les stupas sacrés furent rasés au mortier ou brûlés, parfois avec les moines dedans.

Ruines d'Ongiin

Ruines d’Ongiin

Voilà le sort que subît le monastère d’Ongiin. Ici, deux milles moines vivaient avant les purges de 1937. En 2013 il n’en reste qu’un seul, qui se déplace sur plusieurs sites différents, laissant la mémoire de ces lieux disparaître peu à peu.

Mais si cet exemple laisse amer, en arrivant à Karakorum on voit poindre ce que fut la grandeur des Khans et notamment du plus illustre d’entre tous: Genghis Khan ! La capitale de « l’empereur de l’univers » rayonne encore malgré les destructions. La ville et son empereur sont encore aujourd’hui les symboles absolus du patriotisme mongol et les emblèmes immortels de la nation. Le site historique est une muraille imposante constituée de pas moins de 108 stupas renfermant le palais impérial et les quelques temples ayant survécu à la folie soviétique !

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Murailles de Karakorum

Il renferme également un très bon musée où sont conservées d’inestimables œuvres de l’art mongol, de la préhistoire à nos jours ! Au delà de ça néanmoins, la ville en elle-même n’a pas grand intérêt et nous remontons dans le van pour rejoindre la verdoyante plaine d’Orkhon !

Le désert, c’est terminé. Pour ces derniers jours, nous voilà revenus dans le paysage mongol par excellence. Steppe verdoyante, chevaux qui galopent, camps de yourtes posés au gré de la géographie, rivière émeraude et chutes d’eau seront un bon moyen de se ressourcer !

Je ne saurais bien expliquer le sentiment qui monte en vous quand vous arrivez dans ce genre d’endroit après avoir traverser un désert. Peut être tout simplement la différence que notre instinct primaire nous fait comprendre entre la mort d’une fournaise minéral et la vie foisonnante d’un cours d’eau ! Je ne sais pas.

L'eau ! Comme le bonheur !

L’eau ! Comme le bonheur !

Quoiqu’il en soit, quelques jours de pur calme. C’est ici également que je m’essaierai pour la deuxième fois de ma vie à monter à cheval ! Deuxième fois et premier galop à travers les steppes, un bonheur ! J’ai adoré chevaucher sur ces petits chevaux mongols même si mon grand corps bringuebalé dans tous les sens me donnait plus l’air d’une araignée géante avec des problèmes psychomoteurs !!

Mon voyage en Mongolie s’achevait bientôt. Près de la chute d’eau d’ Ulaan Tsutgalan, je décidais que je retournerai dans le Gobi dès mon retour à Ulan Bator.

Auprès de la chute...

Auprès de la chute…

C’est ce que je ferai cinq jours plus tard.

De retour à Dalanzadgad, j’allais entreprendre la traversée du Sud Gobi jusqu’à la frontière chinoise en autostop !

Mais cette aventure, c’est pour la prochaine fois !

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Nomination aux Liebster Award !

LiebsterAwardBonjour à tou-tes-s !

J’ai le plaisir de vous annoncer que Le Long Chemin a été nominé pour participer au Liebster Award. Ces Awards promeuvent et mettent en avant des blogs de voyage peu ou pas connus et ce par l’intermédiaire des blogueurs eux mêmes. Je remercie donc Claire et Adrien de AC World Tour pour m’avoir nominé ! Le jeu consiste donc aux points suivants: Donner 11 infos à propos de soi, répondre aux 11 questions de votre nominateur, nominer à votre tour 11 blogs de voyage que vous aimez et poser à votre tour 11 questions à ces blogueurs.

A propos de moi: 

  • j’ai démarré mon tour du monde le 18 avril 2013.
  • je voyage majoritairement en autostop mais ne dédaigne pas les autres moyens de transport.
  • j’ai beaucoup parcouru l’Europe ces dix dernières années.
  • j’ai beaucoup d’affection pour la culture Slave et des Balkans.
  • j’ai étudié l’histoire et l’ethnologie.
  • j’étais surveillant dans un collège avant le départ.
  • mon voyage n’a pas de but véritable ni de thème, c’est plutôt un choix de vie.
  • mon voyage n’a pas de limite temporelle ni de tracé prédéfini.
  • je blogue pour le plaisir et prends mon temps pour écrire mes articles.
  • quand je serai grand je voudrais avoir une paillotte aux îles Marquises… ou alors cosmonaute.
  • Je remercie mon hamster nain et ‘Minimum Syndical Production’© sans qui cet Oscar n’aurait pas la même saveur.

Les 11 questions de AC World Tour:

D’où viens-tu ?

J’ai grandi dans la banlieue ouest de Paris puis j’ai habité à Montpellier et Grenoble. Donc je sais plus trop.

 Un talent ou une qualité qui te caractérise ?

Je suis la plus grande tête en l’air que l’humanité ait enfanté.

Voyager, pourquoi ?

J’ai jamais vraiment su… sûrement parce que c’est le truc le plus excitant à faire sur cette planète ?

Ton pire souvenir ou ta pire situation en voyage ?

J’ai fait une nuit et un jour de prison à Plovdiv pour être entré sans passeport en Bulgarie en 2004. Dans la foulée, la semaine d’après, je me suis fait braquer au couteau à un distributeur de Budapest. J’ai jamais eu pire.

Ton meilleur souvenir ou moment en voyage ?

Une randonnée près du glacier Vatnajökull en Islande. L’Islande en général de toute façon.

Un regret ?

Aucun.

Qu’est-ce qui te manque le plus en voyage ?

La famille, les potes,le pinard et la Tartiflette :p

Qu’est-ce que tu es content de ne plus avoir en voyage ?

Un réveil et un contrat de travail.

Combien de pays as-tu parcourus ?

Pour ce tour du monde, j’ai traversé 18 pays à ce jour. Sinon, en général je dirais une quarantaine, la majorité en Europe.

Comment vois-tu ta vie dans dix ans ?

Sur la route en 2024 ? 🙂

En attendant, quelle est ta prochaine destination ?

La Thaïlande.

Les 11 blogs suivant ont peut être plus de 200 fans (un des critères un peu opaque pour participer aux Liebster Award) comme moi mais je propose ceux que j’aime bien et/ou que je consulte régulièrement. Cependant je ne citerai pas les blogs très bons mais déjà très connus de la sphère voyage, c’est le jeu. Mes nominés sont donc:

Mes 11 questions aux blogueurs :

  1. Pour quelles raisons avez vous décidé d’écrire un blog ?
  2. Est-ce votre premier voyage ?
  3. Depuis quand êtes vous sur la route ?
  4. Où êtes vous en ce moment ?
  5. Quel genre de voyageu-se-r êtes vous ?
  6. Dans votre voyage, quel est ou a été le lieu incontournable pour vous ?
  7. Si vous deviez choisir un pays pour vous y installer, France comprise ?
  8. Votre blog a t-il ou aura t-il une vie après le voyage ?
  9. Déjà des projets pour la suite ?
  10. Que diriez vous à ceux qui trouvent ou trouvaient nos projets farfelus, dangereux ou uniquement faits pour les gagnants du Loto ?
  11. On se retrouve où pour boire un coup ?

 Pour voir leur réponse, je vous encourage à aller lire leur très bons sites, à voyager et à créer vous aussi votre blog !

A eux (et à vous) de jouer !

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Mongolie Partie 3 – De roche et de sable

« L’homme qui du désert connaît le secret ne peut vieillir. La mort viendra, tournera autour de la dune puis repartira. »

Tahar Ben Jelloun

Après cette nuit quelque peu agitée (voir partie 2), j’abordais définitivement le Gobi. Au revoir les steppes, bonjour la fournaise désertique ! Et comme entrée en matière, après quelques heures de piste, je tombais nez à nez avec une des plus belles curiosités géologiques du sud mongol. Se dessinant peu à peu au milieu de nulle part, j’arrivais vers les stuppas blancs de Doloon !

Les Stuppas Blancs de Doloon

Les Stuppas Blancs de Doloon

Les stuppas sont les monuments religieux canalisant les énergies du monde pour les bouddhistes et ce petit massif est en effet constitué de « piliers » qui reprennent la forme de ces autels sacrés. Amas de roches sédimentées et entassées en strates aux couleurs irréelles ! Blanc, ocre, rouge et orange se mêlent et éclatent en feu d’artifice sous un soleil puissant et un ciel bleu immaculé. On marche ici dans un spectacle lunaire où la roche brute semble adoucie par le mysticisme ambiant conféré par les courbes de l’érosion. Affleurant seuls au milieu du vide, dans la fournaise d’un désert minéral et hostile, ces monuments de sable cristallisés semblent bel et bien avoir été posés là par quelques divinités du fond des âges !

Explosion de couleurs !

Explosion de couleurs !

On les contourne par le bas avant d’atteindre, sur le sommet, un plateau calcaire où la steppe calcinée finit de mourir. Plus que quelques kilomètres et le désert rend son verdict implacable et définitif. Ce n’est pas un Sahara de dunes mais une fabuleuse désolation de rôches brûlantes. Cependant, l’impression doit être similaire, enfin je me doute, je n’ai jamais été dans le Sahara à vrai dire. Un sentiment profond d’infini et de sérénité vous envahit. Le calme absolu. Pas un bruit, pas un arbre, seuls quelques résidus de végétaux survivent ça et là et les lézards fusent sur les cailloux surchauffés !

Au pays du mineral !

Au pays du mineral !

Au milieu de cet environnement, notre chauffeur (plus que notre guide, jeune novice de 18 ans au moment de mon voyage) se révèle d’une connaissance remarquable. Lui vient de Dalanzadgad, la capitale du sud gobi, et parcourt le désert depuis près de quinze ans. Outre que ce CV puisse paraître quelque peu rassurant, il s’avère que notre pilote sait se repérer dans le désert et, surtout, connaît l’ensemble des points d’eau. Ceux-ci sont géographiquement plus fiables que n’importe quelle carte puisque l’hiver très rude du Gobi n’a de cesse de remodeler les pistes années après années ! Dans cet espace sans repère apparent, savoir detecter ces lieux est capital.

A la recherche de l'eau !

A la recherche de l’eau !

Etre seul ici, sans eau et sans connaissance des puits, c’est la mort quasi assurée. Après avoir refait le plein d’eau, nous quittons Doloon pour finir la journée dans un camp de yourtes où, malheureusement, nous n’aurons que peu de contacts avec les habitants. Arrivés de nuit, nous serons cantonnés à notre yourte où le repas nous sera directement amené ! Les nomades se couchent tôt… et se lèvent tôt. Nous aussi !

Au quatrième jour, changement radical et assez fou au milieu du désert ! Voilà une des particularités du Gobi, il est loin d’être uniforme sur la vaste étendue qu’il occupe. Et pour le coup, aujourd’hui, nous arrivons dans un environnement qui rappellerait une vallée alpine: Le Canyon Glacé de Yol. Aussi incroyable que cela puisse paraître, à cet endroit le désert est stoppé net par un découpage rocheux verdoyant où coule une rivière et où, jusqu’en juin, on trouve même de la glace !!DSCF1932

Pour ma part, j’arrive un peu tard. Mais quel vent de fraîcheur, véritable oasis où vous vous baladez en observant chèvres sauvages, mouflons et une quantité impressionante de Pika, ces petites boules de peluche qui ressemblent à de grosses musaraignes ! Nous déambulons quelques heures dans ce canyon avec le secret espoir d’apercevoir les fameux Yol, les aigles du Gobi qui malheureusement se font rares et que l’on n’apercevra pas cette fois-ci !

Un Pika !

Un Pika !

Mais c’est quand vous croyez en avoir fini avec lui que le désert vous réserve sa plus belle surprise ! Le cinquième jour, après une journée sous les averses (!), un vent puissant se lève emportant pluie, nuages et poussière pour révéler ce qui m’est apparu comme le plus fantastique des paysages de ce voyage dans le désert: Les Dunes Chantantes de Khongoryn Els. Alors que le Gobi ne recèle aucune dune de sable, voilà qu’à cet endroit précis et sans explication se dressent de fantastiques amas de sable dont le sommet culmine aux alentours de 2OOm (une altitude hypothétique car seul le vent modèle ce paysage) ! Je reste personnellement fasciné par cet endroit incroyable où nous resterons deux jours. Nous dormons dans des yourtes face aux dunes, un spectacle magnifique quand le soleil couchant embrase cet espace qui se pare de couleurs que seul le ciel mongol sait distiller.

Ma yourte face aux dunes !

Ma yourte face aux dunes !

Le lendemain, nous décidons de nous rendre directement dans les dunes. Celles-ci étaient situées à environ six ou sept kilomètres de notre campement et pour nous y rendre quoi de mieux que d’utiliser le moyen de transport local: le chameau ! Pour ma part j’arrivais avec quelques préjugés, le chameau représentant dans mon esprit une des plus belles arnaques à touristes de tous les temps. En gros, pour moi, chameau = tour opérator en Tunisie avec 20 minutes de chameau anémié et guide surexploité. Sauf que là, rien de tout ça. Bon, bien évidemment je ne me fais aucune illusion sur ce qu’a pu toucher notre guide (ni d’ailleurs les familles qui vous accueillent) des quelques 500$ lâchés au Golden Gobi mais clairement le transport en chameau s’est révélé être très agréable et avoir même son utilité puisque vous devez franchir des rivières à fond meuble où même le van russe de combat aurait pu s’ensabler.DSCF1987

Et donc, après une demi heure à dos de camélidés, nous voilà arrivés au coeur des dunes. Ma toute (toutoute) première fois à arpenter le sable d’un désert !!! C’est comme des gosses que nous gravissont les dunes avant de nous jeter en roulé-boulé au bas de celles-ci, avalant au passage l’équivalent d’une bétonnière et remplissant mes chaussures d’un sable qui ne partira définitivement que des mois plus tard ! Le soir approchait et une question restait non élucidée dans mon esprit: pourquoi ce nom de « Dunes Chantantes » ? J’allais très vite être fixé.

A l'assaut de la dune !

A l’assaut de la dune !

Branle bas de combat au campement, vite vite tout le monde dans le van à fond les ballons et en route pour gravir la plus grande des dunes située à une dizaine de kilomètres. Arrivés au pied, voilà qu’on nous annonce qu’il va falloir se cogner le monticule de deux cent mètres de haut à pied et au pas de course pour ne pas rater le coucher de soleil. Ceux qui me connaissent savent que je suis plus fort pour griller des clopes que pour courir des marathons. Et bien les amis, oui j’en ai chié !! Arrivé bon dernier au sommet après un début d’infarctus, une ablation du poumon (mais dans les temps), j’admirais le plus beau coucher de soleil qu’il m’est été donné de voir de toute ma vie !DSCF2004

Lors de la redescente, notre guide perçait enfin pour nous le mystère des dunes. En ligne et à genoux sur les dunes, nous nous élancions dans la pente créant une petite avalanche de sable. Surprenant ! Comme un organisme vivant, le sable se mit à vibrer littéralement à notre passage émettant un son qui rappelerait la corne de brume d’un paquebot ! Les dunes chantaient ! Quand le vent est assez fort, les dunes chantent toutes seules et le son se répercute à des dizaines de kilomètres. Science pure ou manifestation de quelques esprits, je vous laisse le choix si d’aventure vous avez la chance de passer à cet endroit !

Pour moi, l’aventure se poursuivait encore quelques jours avant d’achever mon voyage en mongolie. A suivre dans la prochaine et dernière partie…

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